Le biodiesel : une alternative durable aux carburants fossiles 

Marie-Amélie Rochna-Dumont, Lana Caillaud

English version below

Face au changement climatique et à la nécessité de réduire les émissions de CO2, la transition énergétique constitue aujourd’hui un enjeu majeur. Le secteur des transports représente une part significative des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui impose le développement d’alternatives aux carburants fossiles traditionnels.

Dans ce contexte, les biocarburants apparaissent comme une solution complémentaire aux carburants fossiles. Produits à partir de biomasse (matière première d’origine végétale, animale ou issue des déchets), ils reposent sur des ressources renouvelables et polluent moins que les carburants traditionnels. En effet, le CO₂ émis lors de leur combustion correspond en grande partie au CO₂ absorbé par les plantes durant leur croissance par photosynthèse.

Parmi eux, le biodiesel occupe une place stratégique. Il est aujourd’hui incorporé en proportions variables dans le diesel routier. Cette incorporation partielle permet de réduire l’empreinte carbone du transport sans modification majeure des infrastructures existantes.

Mais concrètement, qu’est-ce que le biodiesel et comment est-il fabriqué ?

Qu’est-ce que le biodiesel ? 

Le biodiesel est un carburant constitué d’esters méthyliques d’acides gras (FAME – Fatty Acid Methyl Esters). Ces derniers peuvent être obtenus à partir : 

  • d’huiles végétales extraites de plantes oléagineuses comme le colza ou le tournesol (EMHV - Esters Méthyliques d’Huile Végétale)
  • de graisses animales (EMHA - Esters Méthyliques d’Huile Animale)
  • de déchets graisseux. 

L’utilisation d’huiles usagées et de résidus permet d’améliorer le bilan environnemental du procédé en valorisant des déchets et en limitant le gaspillage de ressources précieuses.

Comment fabrique-t-on le biodiesel ? 

La production de biodiesel repose principalement sur une réaction de transestérification. Cette réaction consiste à mettre un corps gras (les triglycérides, principaux constituants des huiles végétales) avec un alcool (méthanol) pour former des esters méthyliques d’acides gras et du glycérol, qui est un coproduit. Cette réaction est catalysée par une base comme l’hydroxyde de sodium (NaOH) ou l’hydroxyde de potassium (KOH). 

Il peut être utilisé pur ou mélangé à du gazole, avec différentes proportions : 10% (B10), 30% (B30) et jusqu’à 100% (B100). Cette flexibilité permet aux industriels et aux particuliers d’adopter progressivement ce carburant plus durable sans modifier leur moteur ni les infrastructures existantes.

Avantages et avenir

Le biodiesel ne se limite pas à réduire les émissions de CO₂,  il valorise aussi des huiles usagées, s’inscrivant ainsi dans une logique d’économie circulaire. Compatible avec les infrastructures actuelles, il offre une solution pragmatique et réaliste pour accompagner la transition énergétique.

Plus qu’un simple carburant, le biodiesel illustre comment la chimie peut concilier innovation et protection de l’environnement. Adopter ce carburant, c’est réduire concrètement l’empreinte carbone du transport tout en réutilisant des ressources renouvelables et des déchets. Chaque litre utilisé contribue à un avenir plus durable, démontrant que la transition énergétique peut être à la fois pratique, efficace et responsable.


In the face of climate change and the need to reduce CO2 emissions, energy transition is now a major challenge. The transport sector accounts for a significant proportion of global greenhouse gas emissions, which means that alternatives to traditional fossil fuels must be developed.

In this context, biofuels appear to be a complementary solution to fossil fuels. Produced from biomass (raw materials of plant, animal, or waste origin), they are based on renewable resources and pollute less than traditional fuels. In fact, the CO₂ emitted during their combustion largely corresponds to the CO₂ absorbed by plants during their growth through photosynthesis.

Among them, biodiesel occupies a strategic position. It is now incorporated in varying proportions into road diesel. This partial incorporation reduces the carbon footprint of transport without major changes to existing infrastructure.

But what exactly is biodiesel and how is it made?

What is biodiesel? 

Biodiesel is a fuel made from fatty acid methyl esters (FAME). These can be obtained from : 

  • vegetable oils extracted from oilseed crops such as rapeseed or sunflower (EMHV - Vegetable Oil Methyl Esters)
  • animal fats (EMHA - Animal Oil Methyl Esters)
  • grease waste. 

The use of used oils and residues improves the environmental performance of the process by recovering waste and limiting the waste of precious resources.

How is biodiesel made? 

Biodiesel production is mainly based on a transesterification reaction. This reaction involves combining a fatty substance (triglycerides, the main constituents of vegetable oils) with an alcohol (methanol) to form fatty acid methyl esters and glycerol, which is a by-product. This reaction is catalyzed by a base such as sodium hydroxide (NaOH) or potassium hydroxide (KOH). 

It can be used pure or mixed with diesel fuel in various proportions: 10% (B10), 30% (B30), and up to 100% (B100). This flexibility allows manufacturers and individuals to gradually adopt this more sustainable fuel without modifying their engines or existing infrastructure.

Advantages and future prospects

Biodiesel not only reduces CO₂ emissions, it also recycles used oils, thereby contributing to the circular economy. Compatible with existing infrastructure, it offers a pragmatic and realistic solution to support the energy transition.

More than just a fuel, biodiesel illustrates how chemistry can reconcile innovation and environmental protection. Adopting this fuel means tangibly reducing the carbon footprint of transportation while reusing renewable resources and waste. Every liter used contributes to a more sustainable future, demonstrating that the energy transition can be practical, efficient, and responsible.

Sources